Journée d’étude sur le génocide des tutsis du Rwanda

L’Université de Strasbourg, avec le soutien de l’Association Survie et le Centre Européen d’Enseignement et de Recherche en Ethique (CEERE) a organisé, jeudi 27 Mars au Palais Universitaire, une journée d’étude autour du génocide des tutsis du Rwanda. L’association Survie, particulièrement active dans la lutte contre la Françafrique et le néocolonialisme, s’investit également, notamment à l’occasion de manifestations, colloques et autres débats, contre la banalisation du génocide rwandais.

venusteAinsi, la journée débuta par la projection du film Rwanda. Une République devenue folle de Luc de Heusch qui évoque l’histoire du Rwanda depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux derniers jours de la dictature de Juvénal Habyarimana. Il dénonce également l’idéologie raciale et coloniale instaurée par le protectorat belge. Autre moment fort, le témoignage de Vénuste Kayimahe, rescapé du génocide, qui plongea la salle dans une profonde émotion. Cet ancien employé du centre d’échanges culturels franco-rwandais à Kigali, accuse la France de sa participation à la formation de militaires de la garde présidentielle et donc de complicité de génocide. Son propos que l’on peut retrouver dans son livre paru en 2001, France-Rwanda : les coulisses du génocide (éditions Dagorno, L’esprit frappeur), permit ensuite à Patrick de Saint-Exupéry, autre invité, de soulever la question du négationnisme du génocide des tutsis. Le journaliste qui couvrit le génocide rwandais pour Le Figaro à partir de Mai 1994 pointe du doigt le discours ambigu de certains responsables politiques français. Ainsi, Dominique de Villepin parlait encore il y a peu des génocides rwandais, ce INAVOUABLEqui sous-entend qu’il y a eu ni bourreaux, ni victimes, mais un chaos incontrôlable dans lequel les puissances coloniales n’y sont pour rien. François Mitterrand, président de la République en 1994, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine, secrétaire général de la présidence de la République, mais aussi le colonel de Saint-Quentin sont, comme le décrit le journaliste dans son implacable essai Complices de l’inavouable (éditions Les Arènes, 2009), dans une position coupable car bienveillants à l’égard des extrémistes hutus. Jamais ils n’ont été questionnés, jamais ils n’ont été inquiétés.

La responsabilité collective, le procès du capitaine Pascal Simbikangwa pour « complicité de génocide » qui débuta en février 2014, mais aussi l’étrange silence de l’Eglise catholique sont d’autres sujets ayant été tour à tour évoqués à l’occasion de cette journée qui marqua le début des commémorations du massacre. La citation de l’écrivain Boubacar Boris Diop, instigateur du concept de mémoire paradoxale du génocide a également été cité: « Plus le temps passe, moins on oublie ». Voila qui peut faire figure d’antienne dans ce qui sera au cœur de l’actualité politique africaine de ces mois prochains.

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