Gilgamesh, la quête de l’immortalité

Un nougilgameshmitchellveau cycle consacré à la littérature classique et aux textes fondateurs africain et moyen-orientaux trouvera désormais sa place, parallèlement à l’actualité littéraire que nous continuerons évidemment de traiter avec un enthousiasme toujours grandissant. L’Épopée de Gilgamesh, texte écrit dans le sud de la Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate (l’actuel Irak), aux environs de 2000 avant notre ère, considéré comme la première grande œuvre littéraire de l’humanité, précédant d’un millénaire l’Iliade ou la Bible, inaugure cette nouvelle catégorie d’articles. Ce récit de voyage/d’aventure met en scène Gilgamesh, roi d’Uruk, despotique et violent. Mais il n’est qu’un mortel. Entreprendre ce voyage lui permettrait de s’attirer une gloire éternelle. Sa quête d’immortalité l’amènera à croiser Humbaba, le monstre sanguinaire qui défend la Forêt des Cèdres, ainsi qu’un Taureau Sacré, envoyé par la déesse Ishtar. Au cours de son apprentissage, il finira par apprendre « à se gouverner lui-même, à gouverner ainsi ses sujets et à agir avec tempérance, sagesse et piété. »

Stephen Mitchell propose une traduction originale et moderne, que l’on peut également qualifier d’adaptation libre, dans laquelle il a voulu « rendre son souffle à l’épopée. » Son intention a été de « recréer l’épopée antique dans l’univers parallèle de la langue d’aujourd’hui en en faisant un poème contemporain. » La lecture est plaisante et accessible tandis que la longue préface nous permet d’aborder l’œuvre dans toute sa profondeur philosophique.

Mitchell insiste notamment sur la position morale du poète, qui à aucun moment ne prend parti pour le Bien ou le Mal. « Le problème de la croyance en des monstres maléfiques et en un dieu qui hait le Mal, c’est que cela divise l’univers et nous sépare d’au moins la moitié de la Création. Cela nous conduit en définitive au monde claustrophobe et hanté par l’apocalypse des sagas germaniques, et ce tout idéalistes que nous puissions être ». Comme toute grande œuvre littéraire, Gilgamesh a beaucoup à nous apprendre de nous-mêmes, à condition de nous affranchir du prisme de notre éducation et de notre culture. Un voyage dans l’imaginaire d’un monde ancien qui questionne nos certitudes et les fondamentalismes polarisés du monde contemporain.

Gilgamesh, La quête de l’immortalité par Stephen Mitchell, traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélien Clause, Synchronique éditions, 2013

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