La Pluie ébahie

plui-ebahie-couto« C’était une pluie mince en suspens, flottant entre ciel et terre. Légère, ébahie, aérienne ». Cette pluie qui reste en l’air, fallait-il l’abattre ? Faut-il l’associer à une malédiction ? Et si c’étaient ces fumées en provenance de l’usine qui l’empêchait de tomber ?

A la manière d’un conte, Mia Couto use du mystère et d’une sorte de réalisme fantastique pour proposer cette réflexion sur le temps qui traverse les hommes ainsi que leur précaire cohabitation avec l’irruption dévastatrice de la modernité. Si la question écologique est soulevée, c’est parce qu’elle est au centre des sociétés traditionnelles dont est issu le narrateur, témoin d’une histoire familiale qui a des airs de tragédie. Accompagné de son grand-père mourant, le seul qui prenait soin de lui, il est complice de ses dernières volontés : aller voir la mer alors que « le fleuve maigri, le puit s’assèche ».

Empreinte de poésie, riche d’images et de métaphores, la prose de Mia Couto démontre toute sa puissance dans ce roman de la finitude et de l’éternel recommencement, parce que « l’unique histoire avec une fin heureuse, c’est celle qui n’a pas de fin ».

La Pluie ébahie par Mia Couto, traduit du portugais (Mozambique) par Elisabeth Monteiro Rodrigues, éditions Chandeigne, 2014

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :